Voilà, mon dernier roman (en date) vient d'être déposé auprès d'une société de copyright et, peu de temps après, auprès des "Nouveaux
Auteurs" pour le concours du Roman de l'été "Femme Actuelle". C'est aussi, de tous mes écrits, celui qui me tient le plus à cœur… Et pourtant, il n'y a vraiment rien d'autobiographique dans tout
cela, contrairement aux autres romans où traînent toujours un personnage que j'ai connu, transformé, déformé, une situation vécue, un lieu visité… J'ai même cru bon d'ajouter à ce texte un petit
préambule et une note qui présentent l'action et son contexte. En attendant de vous les livrer, voici le résumé, le 4ème de couverture disons (on peut toujours rêver).
Résumé
En juillet 1998, la France célèbre la coupe du monde de football. A Courcelle, dans la banlieue sud de Paris, Sandrine Berthaud, 16 ans, s'apprête à partir en vacances avec ses
parents tandis que sa grande sœur, Cécile, va s'envoler pour un séjour au Canada. Rien ne semble devoir ternir leur bonheur : famille unie, vie aisée, réussite… Mais lorsque Sandrine surprend une
conversation téléphonique et comprend que sa mère entretient une relation adultère, tout son univers s'écroule. Anéantie par ce qu'elle perçoit comme un mensonge au quotidien, elle cherche
vainement un soutien auprès de Cécile qui ne pense qu'à son prochain départ. Incapable de supporter cette trahison d'une mère trop idéalisée, Sandrine tente d'attirer l'attention des siens en
fuguant. Elle dérobe le passeport, l'argent et la carte de crédit de Cécile et, profitant de la ressemblance avec sa sœur, réussit à s'envoler pour le Québec. Mais là-bas comme ailleurs,
mauvaises fréquentations et paradis artificiels sont des échappatoires trop faciles. De dérives en galères, Montréal n'est que la première étape d'un voyage sans retour qui mènera Sandrine des
rives du Saint-Laurent aux trottoirs de Vancouver.
© Christophe Dugave 2009
Par Christophe Dugave
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De l'anglais "thrill" (émotion, frisson), désigne en général un roman ou un film à suspense. L'ouvrage, s'il est à la hauteur de son appellation, devrait vous
empêcher de dormir ou vous donner des cauchemars si vous avez l'imprudence de fermer l'œil ! Deux exemples de ce genre plutôt hétérogène…
Il m'a fallu un bon quinze jours pour venir à bout des 650 pages du "Cercle du silence" de David
Hepburn (éditions les Nouveaux Auteurs), c'est vous dire l'ampleur de mon ennui ! On était en droit d'attendre le meilleur de ce premier roman sélectionné par "Femme Actuelle", encensé par le
comité de lecture, qualifié de génialissime etc…
Rien là-dedans qui accroche, saisisse, retienne. Le style est quelconque, souvent embarrassé et les dialogues miteux (n'est pas Michel Audiard qui veut
!).
L'intrigue, intéressante (le trafic de jeunes adolescents destinés à la prostitution huppée et au tournage de "snuff movies"*) est traitée avec une maladresse
candide. Le scénario prend l'eau version Titanic, coulé par des invraisemblances à l'allure d'icebergs. Tout y est confus : le héros (Derek ? Tom ? Clara ? Le fennec ?…), le cadre (je me suis cru
à La Haye pendant 300 pages… On était où au fait ?), les situations dont on ne se tire qu'à coup d'improbables technologies version James Bond, les personnages caricaturaux…
Ce roman obèse aurait bien mérité une sérieuse cure d'amaigrissement, comprenez une relecture qui l'aurait ramenée à 350 pages ! Qu'il ait été cautionné par un
grand écrivain (Paulo Coehlo) me laisse pantois ! Honnêtement, ça tient de ces premiers romans dont on est fier d'être venu à bout et qu'on range amoureusement dans un tiroir en espérant que
personne (surtout pas un éditeur) ne tombera dessus !
Il en va tout autrement de "Deuils de miel" de Franck Thilliez (Editions La vie du
rail), certainement l'un des meilleurs thrillers que j'ai lu ces dernière années et dévoré (presque) d'une traite. Tout y est : le style, la dynamique, le sujet original, le traitement
saisissant, la fin surprenante… Bien meilleur que "Train d'enfer pour ange rouge" (où l'on faisait la connaissance du commissaire Franck Sharko), que "La chambre des morts" ou que "La forêt des
ombres", ce roman-là marque, à mon avis, la véritable naissance d'une plume qui marquera à coup sûr la littérature noire.
Franck Thilliez, c'est d'abord un style très travaillé, précis, incisif, maintenu tout au long du récit, un véritable allié de l'intrigue. Plus homogène, mieux
maîtrisé que précédemment, ce style étonant vous tient captif jusqu'à la dernière ligne.
L'histoire ensuite, à haut risque parce que complexe et très originale, ne verse jamais tout à fait dans l'invraisemblable. On n'y croit pas (quoi que…), mais on y
adhère. C'est bien documenté, solidement bâti, mené tambour battant. La sauce prend dès les premières lignes et les surprises vous cueillent en plein vol.
Franck Sharko, le personnage principal, policier dépressif à tendances suicidaires, bourré d'anxiolytiques, en proie à des hallucinations, prend une véritable
épaisseur dans ce récit délicieusement torturé. Et ce qu'on découvre au final confirme l'impression d'une certaine élégance narratoire.
Bref, c'est un roman à lire absolument, que vous aimiez ou non les thrillers, car au-delà de l'histoire, vous y découvrirez un auteur de grand talent !
* Snuff movie : film pornographique ultraviolent tourné sous la contrainte par des victimes d'enlèvement généralement sacrifiées au cours du tournage. Ces courts
métrages montrant des scènes fr mises à mort réelles et sont vendus très chers sur les marchés parallèles (voir "8 mm", film policier de Joel Schumacher paru en 1999).
Par Christophe Dugave
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