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Blog consacré à la littérature en général mais aussi à mes propres écrits, certains publiés, d'autres à la recherche d'un éditeur.
Genre plutôt noir avec des thèmes de la vie courante : le pouvoir, le mensonge, la violence mais aussi parfois la douceur de vivre.
Fichiers, photos et renvois vers des sites ou des blogs.
A étudier de près pour le auteurs cherchant un éditeur : le "Portail du Livre" donne de nombreux conseils (parfois évidents, généralement sensés) pour mettre
toutes les chances de son côté (mais vous n'en avez pas beaucoup de toute façon !...) http://portaildulivre.com/
Le texte intégral de "Transcanadienne, sur la piste des tueurs en série d'une mer à l'autre", sous forme de
feuilleton.EN LIGNE ! DECONSEILLE AUX MINEURS ET AUX PERSONNES SENSIBLES !
Marié et père de trois enfants, chercheur au Commisariat à l'Energie Atomique, il me reste encore un peu de temps pour lire et pour écrire : des romans (dont un édité) et des nouvelles (certaines publiées aussi).
Atelier de poésie pour les enfants. Nous arrivons un peu en retard. Le poète nous reçoit fraîchement. Je
m'excuse : les enfants avaient cours de musique. Avec une moue racornie par l'agacement que lui cause un monde qui n'est pas à l'aune de ses rêves, il me décoche : « Mais quand est-ce qu'ils
rêvent, ces enfants ? ».
Qui est-il donc, ce petit monsieur au visage tartiné de prescience, pour oser croire qu'on peut, par quelque
remplissage du temps ou tout autre artifice, empêcher un enfant de rêver ?
Que le temps passe vite ! Je regarde la date de mon dernier article : 19 Juillet 2010… Oups, un an tout juste !Et encore
j'avais triché, c'était une nouvelle, il suffisait de la coller dans la case noire…
Que s'est-il donc passé pendant ces 52 semaines ? Et pourquoi donc ai-je délaissé ce pauvre blog, cet autre moi-même, la chair de ma chair ?
D'abord parce que le site Utopie me prenait pas mal de temps : lectures, mise en page et publication des textes, modération des commentaires… Quelques contacts avec
des auteurs talentueux (certains sont venus, d'autres avaient promis mais…) et beaucoup d'enthousiasme. Mais l'engouement du début a connu quelques ratés, tant de la part des lecteurs, des
commentateurs que des auteurs et pour finir, les problème techniques récurrents et insolubles. Bref, le webmestre a jeté l'éponge. Momifié, Utopie ! Bon, j'en plaisante mais ça n'est pas de
gaieté de cœur que j'ai abandonné la partie. Mais il faut bien faire un choix.
Car il faut l'admetre, cette année 2010-2011 n'a pas été très productive sur le plan de l'écriture. Pas grand-chose de neuf en dehors d'une bonne vingtaine de
petites nouvelles dont beaucoup ont trouvé leur place dans "Polaroïds", mon nouveau recueil. Un peu désabusé par l'édition à la demande (je reviendrai sur ce point dans un article spécifique),
j'ai repris mon bâton de pèlerin et m'en suis allé frapper aux boîtes aux lettres des maisons d'édition (je suis devenu la mascotte des dames de la poste !). Et comme le temps a aiguisé mon sens
(auto)-critique, j'ai remanié deux de mes romans : "1085 Des Seigneurs" devenu "Une part de rêve à trente-cinq cents" et "Quelque part vers le sud" qui gardera son titre originel. Ne reste plus
qu'à les affranchir. Ah si, tout de même, j'ai commencé à écrire un nouveau roman, "L'Aquitaine", récit de fiction très autobiographique… Je dis bien juste commencé, ça mature quelque part dans
un coin de mon cerveau un peu surchargé ces temps-ci.
Bref, alors qu'Utopie connaît un (petit) succès posthume, je réanime ce blog moribond : massage cardiaque des articles, ventilation forcée des commentaires, bouche
à bouche-trou de mes manques littéraires. D'ici que le blog passe au bloc, il n'y a pas loin !
Ah oui, j'oubliais les bonnes réolutions de circonstances : un billet par jour semble excessif ; un par semaine beaucoup plus raisonnable. Un par semaine ? Ça fait
52 articles par an ! On va peut-être tabler sur un ou deux par mois…
Et puis en attendant, je vais aller guetter le facteur, derrière ma haie, des fois qu'il m'appporterait une bonne surprise…
A Paris, le ciel trop bleu d'une veille d'orage écrasait les couloirs gris et poussiéreux des rues
surchauffées. Les oiseaux se taisaient, tapis dans les feuillages aux bruissements de papier d'Arménie. La circulation se faisait discrète, réduite à un murmure que troublait de temps à autre la
trompette impatiente d'un avertisseur. Sur la place Félix Eboué, les lions de la fontaine crachaient une pluie d'étincelles, diffusant une maigre fraîcheur qui ne dépassait guère les limites du
bassin. Sur l'interminable rectitude de l'avenue Daumesnil, les ramures élaguées des arbres alanguis dispensaient des ombres squelettiques. Porte Dorée, la statue ruisselante de lumière semblait
répandre ses dorures sur l'asphalte surchauffé qui exhalait des senteurs délétères de goudron en fusion. Paris souffrait sous la canicule, des taudis encrassés par la pollution jusqu'aux beaux
quartiers à la splendeur fanée. Seule, la ligne franche et sombre du bois de Vincennes semblait briser cette vague brûlante qui submergeait la capitale en cette mi-juillet.
Les badauds se pressaient dans l'ombre des bâtiments, de toutes couleurs, comme des petits pains fraîchement sortis du four : pâtes blanches
indigènes encore à peine cuites, fauves et bistres de Méditerranée, velouté sombre des bords de l'océan Indien, bois calciné des plaines d'Afrique… Et puis aussi ces visages d'or et de cuivre
débarqués depuis peu d'une lointaine Asie, qui se sont redressés lorsque, dans un éclat de tonnerre, est passée au dessus de nous la formation serrée d'une escadrille de Mirages qui répétaient,
dans l'axe des Champs Elysées, son prochain défilé.
J'ai vu, dans les yeux sombres, surgir mille éclairs de panique, des souvenirs abominables débordant du puit
insondable de la pupille et, malgré la chaleur, j'ai frissonné quand la femme a demandé avec une voix où tremblait l'angoisse du retour vers l'horreur : « C'est la guerre ? ».
Editeur est un métier difficile. C'est avant tout un métier de choix, de pari, de nez creux. Un bon éditeur
est rarement un littéraire poussiéreux, encore moins un scientifique illuminé et certainement pas un pur commercial aux dents longues. C'est un joueur cultivé qui sait reconnaître le filon et
miser au bon moment. Pour réussir, il doit tenir compte de multiples facteurs : la mode, la conjoncture économique, le potentiel médiatique de l'auteur et, accessoirement, du talent de ce
dernier. Je force à peine le trait ! Quand on sait que droits d'auteur plus frais de création ne représentent que 12 à 15 % du prix d'un livre, on a vite compris le poids réel de la littérature
dans un ouvrage grand public. L'éditeur n'est pas un conteur mais un comptable ! Et sa première fonction, c'est de décompter les lecteurs potentiels. Pourtant, la généralisation des technologies
numériques pourrait bien changer la donne.
De nos jours, réaliser la maquette numérique d'un livre à l'apparence très "pro" est enfantin, la preuve, je
l'ai fait pour "Lignes de feu". Fichier pdf retravaillé, couverture sur mesure prête pour l'impression, tout sort de mon portable et ce, en quelques soirées de travail. Et encore, j'ai joué la
sobriété, mais il est tout à fait possible de réaliser aisément des mises en page délirantes au rendu sinon convaincant, du moins très artistique. Quant au résultat, il est à la hauteur de toutes
les bibliothèques acceptant des livres brochés format A5, couverture pelliculée quadrichrome. Reste le contenu…
Mais l'édition numérique a plus d'un tour dans son sac : fichiers pdf téléchargeables (investissement
pratiquement nul), productions de petites séries, voire impression à la demande, distribution par Internet, tout est fait pour minimiser les stocks et travailler en flux tendu avec le minimum de
personnel. Mais le plus difficile est de trouver le public pour ce livre d'un auteur souvent inconnu. C'est là que les nouveaux éditeurs ne manquent pas de finesse…
Quand on ne vise plus vraiment un marché de lecteurs mais un lectorat d'auteurs, on n'a pas de souci à se
faire. De plus en plus frileuse, misant sur des valeurs sûres qui occupent (pour de bonnes ou de mauvaises raisons) la quasi-totalité du paysage littéraire, l'édition classique n'a pas vraiment
besoin de nouvelles plumes, ou alors si peu que les jeux de relations suffisent à l'alimenter. Et tous ces auteurs refusés qui ne deviendront pas écrivains (et dont je fais partie) constituent un
marché juteux pour la nouvelle édition. Est-ce pour autant le signe d'un déclin de la littérature ou au contraire une renaissance, signe d'une vitalité nouvelle ? Difficile à dire.
Toujours est-il que, si l'édition numérique permet de publier le pire et le moins bon, elle constitue aussi
un vivier pour de nombreux nouveaux talents qui pourront s'exprimer au travers de quelques dizaines, voire quelques centaines d'exemplaires, là où autrefois l'éditeur magnanime proposait au
débutant un tirage mirifique de 2000 volumes dont les ¾ partaient au pilon. Cette fois-ci, l'auteur, boudé avec un premier ouvrage, aura droit à une seconde chance. Quand on sait qu'on ne peut
devenir un bon auteur qu'en lisant énormément et de tout, qu'en écrivant beaucoup et en étant lu, on a peut-être davantage de chances de réussite que ceux qui nous ont précédés, ne serait-ce
qu'il y a dix ans.
Reste le talent qui se joue des stratégies commerciales, des méthodes infaillibles et des logiciels
informatiques !
Mon petit coup de colère contre "Le cercle du Silence" de David Hepburn a un peu éclipsé les autres productions des "Nouveaux Auteurs". Je vais donc corriger cette
injustice et leur consacrer quelques lignes, parce qu'après tout, il n'y a pas que du mauvais dans tout ça, peu s'en faut !
Fans de Guillaume Musso et de Marc Lévy en cure de sevrage entre deux best sellers, rabattez-vous sans complexe sur "Vague à l'âme" d'Elodie Collin qui ne
démérite pas dans le genre. De là à dire que c'est passionnant, comme l'affirme une lectrice en 4ème de couverture, c'est peut-être exagéré, mais j'ai déjà lu moins bon ! Le côté "naïf" et frais
peut même séduire.
Bien qu'il n'ait pas bénéficié d'une note mirobolante dans les évaluations internes des Nouveaux Auteurs, j'ai tenté "L'ange au
sourire" de Yann-Hervé Martin. Intéressante, attachante, l'histoire manque un peu d'allant sans doute par excès de narration. Dommage, mais ça reste très lisible car écrit dans un style
soigné.
La bonne surprise de cet envoi des nouveaux auteurs, c'est "Au bord des cendres" de Jean-François Bouygues, qui parvient à renouveler
avec un certain bonheur ce genre difficile et galvaudé du roman de guerre et d'occupation. On adhère d'autant plus à l'histoire qu'elle se raconte à la première personne, par les voix des
différents protagonistes. En découle un récit dynamique, jamais lassant, mettant en scène des personnages aux caractères assez complexes et bien étudiés. Certains passages, parfois trop
mélodramatiques, sont largement compensés par la surprise finale (j'adore !) qui parfait ce récit dense, bien pensé, bien construit et étayé par un style simple et sûr.
Dommage en revanche que je ne prenne pas la suite du palmarès pour le "Roman de l'été 2010" avec "Sandy palace", rejeté dès le premier tour sans notation ni commentaire (a-t-il seulement été lu ?
je n'ai reçu aucune explication, aucune critique). Je tiens beaucoup à ce roman partiellement inspiré de la réalité et je le trouvais plutôt réussi, sans vouloir le comparer à "Au bord des
cendres".
J'avoue que je me serais senti honoré d'avoir connu un tel prédécesseur. Car à n'en pas douter, Jean-François Bouygues a de l'imagination et du talent. Pour un premier roman, c'est un coup de
maître !